Samedi 14 avril 2007
Vienne

Vienne, Westbanhof. Assis à la terasse d’un café, il savoure son Strudel et son capuccino tout en se laissant bercer par la douce brise de cette délicieuse journée d’été.

Vienne, Westbanhof. Elle sort tout juste du train qui l’a conduit toute la nuit depuis Paris jusqu’à la capitale autrichienne. Désorientée, perdue, elle observe attentivement le nom de toutes les rues pour trouver celle de son auberge. Entre le soleil éblouissant qui lui fait plisser les yeux et ces noms allemands qui n’en finissent pas, c’est loin d’être une tâche aisée.

Vienne, Westbanhof, leurs regards se croisent. Il est assis juste en dessous de la plaque de la rue qu’elle cherche, Mariahilfstraß. Elle est blonde et fraîche. Jolie comme un cœur. Ils se sourient, mais elle continue son chemin. Rapidement, elle monte à son dortoir, pose ses affaires et redescend à la station de métro pour se rendre au centre ville.

Il est toujours assis. Il l’attend. Il sait qu’elle reviendra à la Westbanhof pour prendre le metro.
Elle repasse. Il se lève et la suiit.

Vienne,Stephansdom, la principale cathédrale de la ville. Centre névralgique de la ville. Magnifique monument gothique, situé sur une place toujours pleine de touristes, de marchands de glaces, de musiciens de rue. Place pleine de vie et de charme. Elle s’assit sur un banc pour s’imprégner de l’atmosphère de la capitale autrichienne.
Il fait de même, sur un banc proche du sien. Elle ne le remarque pas, trop occupée à découvrir toutes les splendeurs de cette merveilleuse ville. Elle sort son appareil photos, pour  prendre quelques clichés. Elle le voit. Il s’est mis entre elle et le Stephansdom qu’elle vient de photographier. Sourire.

Vienne, la terrasse d’un restaurant à la mode sur l’avenue la plus chic de la ville : Graben. Ils sont ensemble, ils discutent, ils rient. Elle lui explique que c’est le premier voyage qu’elle fait seule. Elle n’a que dix huit ans, et est venu en Autriche pour exercer son allemand. Lui en a trente, et étudie toujours. Il avait commencé par passer une licence d’économie, puis s’était tournée vers la science politique.

Il parle bien, il est très cultivé, a de l’aisance, de la répartie, de l’humour. Ses parents lui louent une petite garçonnière près de l’hôtel de ville. Elle est impressionnée, flattée qu’un homme tellement plus âgé qu’elle et si intelligent s’intéresse à elle.

Elle est charmante et drôle. Il ne comprend pas grand chose à ce qu’elle raconte dans son mélange d’allemand, d’anglais et de français, mais cela ne l’ennuie guère. Il sourie à tout ce qu’elle dit et elle en semble satisfaite.

Vienne, un petit bar underground. Elle a trop bu. Il lui a payé deux bières, et plusieurs shots de Tequila. Elle parle fort et rie beaucoup. Il l’embrasse. Elle se laisse faire. Discrètement, il lui effleure les seins, les fesses. Elle se laisse faire. Il lui caresse les épaules, les cheveux. Elle n’y pense pas, elle a les yeux ouverts, mais elle dort déjà.

Vienne, une rue sombre. Il est trois heure du matin. Elle est très fatiguée, et tient à peine debout. Le métro est loin. L’hôtel de ville est proche. Il lui propose de venir dormir chez lui, c’est à deux pas. Elle accepte. Elle est contente, elle n’aura pas à marcher trop.

Vienne, une jolie garçonnière près de l’hôtel de ville. Tout est propre et bien rangé. Cela sent le parfum d’intérieur. Il l’allonge dans son lit.

Vienne, un lit d’homme de trente ans où dort une gamine de dix huit ans complètement soûle. Il fait sombre. Il s’approche doucement d’elle. Il lui embrasse la nuque, et s’enivre de son parfum. Il lui caresse les cheveux, les seins. Il relève la couverture, lui remonte son t-shirt. Son bassin monte et redescend doucement au rythme de ses respirations. Délicatement il lui pose la main sur le ventre. Puis il laisse doucement glisser sa main jusqu’au bouton de son jean. Elle dort. Il la regarde dormir. Il a sa main sur le bouton de son jean. Sa respiration s’est accélérée. Il a mal. Il ferme les yeux et écoute son cœur qui bat à tout rompre. Elle est si belle.

Vienne, un canapé dans le salon d’une garçonnière près de l’hôtel de ville. Il n’as pas touché au bouton du jean. Il l’a rhabillée et l’a bordée comme une sœur.  Il se demande comment les idées qu’il a eu peu avant dans sa chambre ont pu lui venir à l’esprit. Il a honte. Et dire que…

Vienne à la porte d’un immeuble près de l’hôtel de ville. Elle a mal à la tête. C’est la pire gueule de bois qu’elle ait eu de sa vie. Lui n’ose pas le regarder. Ce n’est pas un sale type. Elle lui propose de lui donner son numéro pour qu’ils gardent contacte. Il refuse. Elle ne comprend pas bien pourquoi. Ils se quittent sans un regard.

Elle en a eu de la chance…
par Jess publié dans : Nouvelles
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