Bienvenue à tous

Bonjour à tous!!!


Ce blog est destiné aux amateurs d'histoires et de voyages. Ici je voudrais partager avec vous ma passion pour l'écriture, ainsi que mes impressions sur mes voyages, avec bien évidemment photos à la clef...

Parcourez ce blog, et laissez vous emporter par le fil de mes histoires qui vous conduiront de Sydney à Vienne, de Tel Aviv à Copenhague. Quinze histoires vous attendent déjà dans la catérgorie "nouvelles".


Bonne lecture, et bon voyage...

Vendredi 3 août 2007
Sauvés

Cela faisait trois ans déjà que les allemands avaient envahi mon joli petit pays, le Danemark. Grâce au courage et à la ténacité de mon roi, nous n’avions pas encore eu trop de problèmes. Il semblait assez clair qu’Hitler voulait éviter un bain de sang dans ces terres nordiques, aryennes s’ils en étaient… Cependant depuis un certain temps, je sentais autours de moi une agitation suspecte, des rumeurs se répandaient… quelque chose allait se passer. Je n’oublierai jamais cette journée de Septembre où je fus sauvée, moi et toute ma famille.
Ce jour là, beaucoup de travail m’attendait : le soir devait être Rosh Hashana, le nouvel an juif, et malgré la guerre, la peur et le rationnement, je voulais offrir à mes enfants une belle soirée. Je me mis donc très tôt à mes fourneaux. Vers midi, mon mari rentra plus tôt que prévu. Jamais je ne l’avais vu dans un état pareil. Les yeux exorbités, le souffle court, il entra dans la cuisine, ferma la porte derrière lui.
« C’est pour ce soir… déclara-t-il d’une voix étrangement calme, presque morte.
- Quoi donc ?
- La rafle. L’information a filtré dans les cercles de la résistance danoise. Nous devons tous nous retrouver à la synagogue ce soir, trois heures avant l’heure de Rosh Hashana..
- Que va-il se passer ? Comment allons-nous faire ?
- Je ne sais pas. Ils m’ont dit de venir ce soir avec toute ma famille, une action va être tentée. Continue à faire comme si de rien n’était je ne veux pas inquiéter les enfants. Je monte préparer une valise avec nos affaires les plus indispensables, nous n’aurons sans doute pas la possibilité d’emporter grand chose ».
Il ferma la porte. Je continuai à éplucher mes pommes de terre, sachant à présent que personne ne les mangerait. Je pleurai. En plus du rôtie que j’avais prévu, je préparai quelques sandwichs qui ne seraient probablement pas de trop si la nuit devaient être aussi dure et terrifiante qu’elle s’annonçait alors. Vers cinq heure j’habillai mes deux fils Martin et Daniel huit et dix ans de leurs plus belles tenues, comme je le faisais toujours pour les fêtes. Puis en famille, nous prîmes les petites rues du centre ville pour nous rendre à la synagogue. Mon mari avait pris la plus légère de nos valises, il ne devait pas s’y trouver quoi que ce soit de superflu. Moi j’emportai dans mon sac quelques provisions. La synagogue avait toujours été bien assez grande pour la communauté de Copenhague, peu nombreuse, sept milles âmes, et peu fervente. Mais ce jour là, elle était tellement bondée que je me demandais même si nous arriverions à tous nous y caser. Exceptionnellement, je montai avec mes garçons à l’étage d’ordinaire réservé aux femmes. Je n’avais pas le courage de m’éloigner d’eux et puis il y avait tout de même un petit peu moins de monde en haut.
Vers six heure le rabbin se présenta devant l’ehal, l’armoire où se trouve les rouleaux de la torah. Il était accompagné de deux hommes que je n’avais jamais vu auparavant.
«  Dieu ce soir, a décidé de nous soumettre à une rude épreuve. C’est cette nuit, alors que nous aurions dû être dans nos foyers à fêter en famille le nouvel an, que les nazis ont décidé de faire une grande rafle pour nous conduire vers des camps de travail et de mort en Pologne. Grâce à dieu, l’information a été interceptée par des membres de la résistance, et nous avons eu le temps d’organiser un moyen de fuite. Tout au long de la soirée, des camions vont vous prendre et vous emmener vers de petites villes sur la côte, où vous serez hébergés en attendant un transfert vers la Suède. Il n’y a aucune raison de paniquer, si chacun attend son tour calmement, tout se passera bien. A présent, prions… »
Le premier camion ne tarda pas à arriver. Il fut réservé au mères de famille nombreuses. A un rythme soutenu, ils défilèrent les uns après les autres. Je pris avec mes enfants, mais sans mon mari le septième camion. Je me demandai si je reverrai jamais Peter. J’avais cependant des pensées plus urgentes qui se précipitaient dans mon esprit alors que je grimpai dans le véhicule. Qu’allait-il se passer ? Comment allais-je me cacher dans cette ville où je ne connaissais personne ? Allions-nous un jour revoir Copenhague et notre maison ? Et si nous croisions une troupe allemande ?  J’essayai difficilement de cacher mes angoisses à mes enfants déjà bien assez terrifiés. Bientôt nous débarquâmes dans la petite ville d’Helsingor, une des plus proches de Suède par la côte. Nous fûmes dispersés par petits groupes de vingt. Mené par un membre de la résistance nous nous arrêtâmes devant cinq maisons, et à chaque fois une famille y fut installée et cachée par les habitants. Je fus ainsi confiée à une petite famille danoise bien semblable à la mienne. Ils avaient aussi deux petits garçons. Ils nous avaient préparé trois couchettes dans leur cave. Je crois que ce soir là, je ne fus qu’à deux doigt de m’effondrer en larme, de peur et de reconnaissance. Nous risquions tous notre vie. Je passai la nuit sans dormir, après avoir donné tous les sandwichs à mes enfants, très rassurés à présent qu’ils avaient un toit sur leur tête, plus tout à fait conscients du danger qui continuait nous guetter. Dès le lendemain, notre guide de la veille vint nous chercher pour prendre le bateau qui nous conduirait en Suède, notre refuge. Une fois de l’autre côté de ce petit bras de mer, je soufflai enfin. Dans ce pays neutre et calme, les allemands ne viendraient pas nous chercher. A nouveau accueillis dans une famille, je passais la fin de la guerre dans un calme relatif, à faire de mon mieux pour me rendre utile auprès de ceux qui sauvaient ma vie, et celle de mes enfants. Quelques semaines après mon arrivée j’eu l’immense bonheur de retrouver mon Peter. Ainsi nous avions tous été sauvés. Tous les soirs, je cherchais mes mots pour remercier dieu de cet incroyable miracle.

Deux ans plus tard, ce fut dans une atmosphère de grande allégresse que nous allions faire le chemin inverse pour rentrer chez nous. Je retrouvais ma maison dans l’état où je l’avais laissée. Ni destruction, ni pillage. Une voisine avait même laissé devant la porte un petit message de bienvenue…



par Jess publié dans : Nouvelles
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Vendredi 6 juillet 2007
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Mes lecteurs les plus assidus savent qu'il n'y a pas bien longtemps, je suis partie en Pologne ( La Pologne peut-elle tourner la page?). Voici une petite histoire que m'a inspirée ma visite, à présent que j'ai le recul suffisant.
Pour la petite histoire, Hannah, c'est le personnage principale d'un roman éponyme de Paul Lou Sullizer, qui raconte la vie d'une jeune fille sortie de son petit shtettel qui fait fortune à varsovie, puis cracovie, puis dans le monde entier. Hannah, un livre passionnant que je vous recommande à tous. 
par Jess publié dans : blabla
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Vendredi 6 juillet 2007
Cracovie


    Hannah retrouvait après cinquante ans d’exil Jozesof, le quartier de son enfance. Un vent glacé soufflait sur les rues tristes et abandonnées du ghetto de Cracovie. Il pénétrait à travers ses vieux vêtements usés, faisant frissonner ses membres raides et noués. Il n’était que six heures du soir, mais dernière les nuages sombres et presque noirs qui alourdissait le ciel, le soleil semblait avoir déjà disparu. Autours d’elle, calme et silence. Tout était mort. Un éclair soudain. Il illumina un instant la place du marché, la brume prenant tout à coup une couleur blanche légèrement argentée. Un arbre sans feuille, noir, et dont les branches semblaient s’élever vers les cieux en une sourde prière lui apparut l’espace d’une fraction de seconde. Derrière, elle crut apercevoir comme une ombre familière. Puis tout redevint sombre. Elle s’approcha de l’arbre, en fit le tour, mais ne vit personne. Pourtant, inconsciemment, elle sentait une présence. Elle observait les alentours, aux aguets du moindre bruit ou mouvement. Tout restait désespérément silencieux et calme.
    Puis soudain, un bruit de chute, quelqu’un venait de trébucher pas loin. Elle courut vers la rue d’où semblait émaner ce mouvement. Mais rien. Si, une ombre au loin, au coin de la rue. Elle la poursuivit. Elle courait malgré le froid qui lui glaçait les os, malgré la brume et ses yeux malades, malgré son cœur fragile et son souffle court. Elle courait vers une ombre qu’elle ne distinguait qu’à peine, sans même savoir qui elle poursuivait comme cela. Un instinct, une pulsion incontrôlable la menait à travers les rues étroites du ghetto, à l’ombre des maisons blanches et propres, des maisons vides où jadis tant de gens avaient vécu. L’ombre sembla entrer dans un petit café sombre et abandonné. Elle hésita à entrer. Elle eut peur soudain. Pourquoi tenait-elle tant à voir cette personne ? Qui poursuivait-elle au juste ? Que faisait-elle là perdue dans cette ville fantôme, qui fut celle de son enfance ? Tous les gens qui y avait vécu et qu’elle avait aimé étaient morts ou bien loin. Il ne restait plus rien. Que venait-elle donc chercher ici ?
    Elle resta un instant sans bouger, hésitante. Puis poussé par le froid terrible de cette soirée d’hiver elle se décida à entrer. L’établissement semblait désert. De petites tables noirs et tristes n’étaient illuminés que par la faible lumière de quelques chandelles. Pas un client. Elle faillit partir en courant. Mais quelque chose la poussa à pénétrer dans la salle et à en faire le tour. Elle vit alors sur une vielle armoire en bois sculpté un miroir luisant d'une manière étrange, peu naturelle. Sur ce miroir elle eut du mal  reconnaître son reflet. Ses grands yeux bleus écarquillés par l’effroi répondait bien à son regard. Mais le visage n’était pas ridé, les cheveux, coupés court au carré, étaient d’un jolie blond clair et lumineux. C’était une petite fille. C’était elle petite fille. Elle ouvrit la bouche de stupeur, d’incompréhension. Je suis complètement folle. La petite fille se mit à lui parler:
" Rejoins moi...
- Où? demanda Hannah, blanche de terreur.
- De l'autre côté du temps, je t'y attend depuis longtemps. N'ai pas peur, tout ira bien. Il n'y a plus rien à craindre ici."
La petite fille avait une belle voix, comme elle, et semblait heureuse et sereine. Hannah ferma les yeux et passa à travers le miroir.

Le lendemain, la police polonaise récupérait le corps d’une vielle dame dans la salle d’un café abandonné du vieux ghetto. Personne ne sut jamais la cause de sa mort.
par Jess publié dans : Nouvelles
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Lundi 25 juin 2007
Cette histoire, c'est la rencontre d'un fait divers et d'un mal de dent (cela ne veut pas dire grand chose, mais peut-être que certains d'entre vous comprendront) . A l'origine, ce n'était pas ce que je pensais écrire peut-être une autre histoire construite de la même façon suivra...
Bonne lecture

par Jess
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Lundi 25 juin 2007
Une vie


Il ouvrit les yeux, tout à son bonheur. En cette chaude soirée d’été, il découvrait pour la première fois le charme voluptueux de l’amour charnel. Il laissa retomber son corps, moite encore de son désir, sur des draps défaits et humides. Il frôla de près sa partenaire immobile, qui semblait retenir une seconde encore la sensation de son propre plaisir.
Il se leva, et prit une douche fraîche, qui le raguailllardit. Puis il se préparara pour ramener sa fiancée vers le lit chaste qui l’attendait dans la maison de ses parents. Plus que quelques jours et ils se marieraient. Par un goût du paradoxe qu’ils appréciaient tous deux, ils avaient voulu cette nuit de noce avant l’heure. Peut-être en rebellion contre le cercle familial trop catholique, fervent, et borné. Peut-être pour le simple bonheur de ne pas obéir aux conventions. Peut-être tout simplement parce qu’ils en avaient trop envie. Peut-être tout cela à la fois. Fier et heureux, il porta sur sa femme un regard plein de fièvre et d’amour.
Ils prirent la voiture. La nuit était belle, il ne pensait plus à rien. Pas même au camion devant lui qui s’écrasa sur eux en un éclair.

Il ouvrit les yeux tout à sa douleur. Il ne voyait rien. Il n’entendait rien. Il ne sentait rien, à part son corps qui le torturait torturait torturait…  Le néant. Le vide. Mais pas la mort. Un lit. Le plafond, blanc. Une femme. La même femme. Encore la même femme, mais elle semblait plus vieille à présent. Et puis plus rien. Le temps. Rien ne se passe. L’espace d’un instant, un instant, plus d’espace.

Il ouvrit ses yeux tout à son malheur. Il était dans une chambre d’hôpital. Cela il le sut à l’instant, à l’odeur. Une dame à l’air calme et triste était à son chevêt. Il ne comprenait pas. Puis il prit conscience de son corps. Il porta les yeux sur ses bras, et découvrit deux os blancs recouverts de peau,sur lesquels s’entrelaçaient de longues veines bleues.
«  Où suis-je ? » articula-t-il d’une voix chevrotante qui sonna faux à ses propres oreilles. La dame bondit, et le regarda les yeux exhorbités.
«  Ce n’est pas possible, je rêve ! Cela ne peut être vrai »
Elle baguayait, semblait effrayée. Ils se regardèrent un instant hébétés. Il observa à nouveaux ses membres, puis regarda son torse, leva ses draps et vit ses jambes. Son corps semblait celui d’un vieil homme malade. Puis il étudia les traits de cette femme, à qui il faisait si peur. Ils lui rappellaient ceux d’une autre personne, d’une fille qu’il aimait tendrement. Un terrible pressentiment le prit alors. Une panique intense, une angoisse infernale, qui ne peut se décrire. Respirant soudain plus vite, bientôt à court de souffle, il parvint cependant à demander :
« Chris c’est toi ? »
Et la vieille dame fondit en larme.
« Oui… »
par Jess publié dans : Nouvelles
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Mes nouvelles

 

 

 

En Israel: Nuit Blanche à Tel aviv

En Allemagne: Nuit de noce?

Au Danemark: Amour ou amitié

                            Un adieu

En Australie: Une prière

En France: Etrange

                    Juliette as-tu du coeur?

                    Une vie

Sur l'île Crozet: Nuit claire, Neige éternelle

Sur le Tallink: Homo Erasmus et grand amour

En Autriche: Vienne

En Pologne: Cracovie
Dans un monde utopique: TAGM en Argensilia

Sur la toile: Miss K

Ma préférée: Un tour du monde: Dieu est-il mort?

 

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